SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

Publié le par tissteam01

Aujourd’hui je ne peux plus marcher, mais ça en valait la peine ! Clap de fin pour cette saison qui se termine de superbe manière pour moi sur la doyenne des courses nature… Je voulais profiter de la forme affichée sur mon dernier marathon à Lausanne pour tenter d’améliorer le chrono de ma 1ère  Sainté en 2013 (8h29…/360ème). Du coup le dimanche précédent je trouve un dossard suite à un désistement, tant pis pour le plein tarif mais c’est bientôt Noël. Je passe la dernière semaine sans courir, mais je double mes trajets vélotafs pour rentrer tous les midis à la maison surveiller le chantier après l’arrachage du tuyau de gaz par les maçons ! Donc je n’ai pas vraiment la tête à la récup’ et au lieu de faire du jus j’en laisse plutôt sur mon vélo… Samedi matin je prépare mes affaires en essayant de ne pas trop en emporter mais de ne rien oublier d’important. Je pars de la maison en début d’après-midi, tout seul en voiture jusqu’à Lyon où je dois récupérer mon dossard dans la Halle Tony Garnier.

Le village-expo du trail running à la Halle Tony Garnier

Le village-expo du trail running à la Halle Tony Garnier

Fouille des sacs devant l’entrée, je suis content de ne pas arriver trop tard car la file d’attente s’allonge rapidement ! A l’intérieur, nouvelle file pour prendre le ticket pour la navette qui m’emmènera jusqu’à Saint-Etienne, car je n’ai pas trouvé de covoiturage pour m’y rendre. Ensuite je parcours rapidement le salon du running pour aller jusqu’aux bénévoles qui distribuent les dossards, j’hérite du numéro 150 ! En cadeau on reçoit une superbe paire de chaussettes BV SPORT aux couleurs de la SaintéLyon, et un petit sachet range-déchets à fixer à la ceinture pendant la course. Encore quelques stands d’organisateurs de courses à traverser, et je ressors de la Halle pour prendre mon car ! Je m’assieds à côté d’un autre coureur pour compléter une rangée, et dès que le car est plein, on prend la route pour le Palais des Sports de Sainté… J’essaye de me reposer un peu pendant le trajet mais j’aurai mieux fait de m’assoir côté vitre pour m’y appuyer, tant pis. Le thermomètre indique 9°C sur l’autoroute avant que le soleil ne se couche, et 6°C à l’arrivée. Il est 17h30, on récupère nos sacs sortis de la soute et on se rentre dans le Palais des Sports après une dernière fouille… Comme en 2013, la salle est encore peu remplie, donc je trouve facilement un coin tranquille où poser mes affaires en attendant le départ prévu à 23h40, soit dans à peine plus de 6h !!!

La salle est vide… pour l’instant !

La salle est vide… pour l’instant !

J’essaye de me reposer dans mon sac de couchage avec les bouchons d’oreilles pour m’isoler du bruit et de la musique d’ambiance. Au bout d’un petit moment, je vais demander un carton vide à un bénévole au ravito pour m’isoler du béton froid car je n’ai pas pris de tapis en mousse. De temps en temps je vais prendre l’air dehors pour vérifier la température et me dégourdir les jambes. Un peu avant 19h je prends mon dernier repas frugal : jambon/quinoa/bananes avec un quignon de pain et une barre de céréales. Je continue à bien m’hydrater en buvant ma 3ème bouteille d’eau gazeuse depuis ce matin. Je n’arrive pas vraiment à dormir ni somnoler, mais je reste allongé au chaud le plus possible pendant que la salle se remplie de + en + …

Confort spartiate mais ça ronfle de tous les côtés !!!

Confort spartiate mais ça ronfle de tous les côtés !!!

H-2, je commence à trouver le temps long, je grignote quelques pâtes de fruits et carreaux de chocolat à la table de ravitaillement. H-1, je me mets enfin en tenue : collant long, tshirt manches courtes + manches longues, coupe-vent light dans le sac à dos, gants fins et bonnet. J’ai prévu de courir avec des chaussures légères et peu amorties (North Face Ultra Trail) en privilégiant le poids au confort et à la stabilité/accroche. Je ne prends pas de piles de rechange pour la frontale, je l’utiliserai en mode éco qui assure 13h d’autonomie (7h en optimum et 5h en maximum). J’emmène 3 gels HIGH5 dont 1 à la caféine, et les 2 flasques de 500ml : 1 remplie de HIGH5 Xtrem , et l’autre avec 2 doses de poudre que je compléterai en cours de route. J’ai exceptionnellement mis la ceinture cardio pour tester ma Polar V800 en course et conserver les données pour analyse. Voilà, il est 23h, un dernier passage aux toilettes pour le « pipi de la peur », et je marche pour rejoindre la zone de départ. J’ai juste enfilé un vieux sweat épais pour me protéger du froid pour les 40 prochaines minutes. Je longe les sas pour m’approcher de la tête de course, et je passe la barrière pour m’intégrer au peloton dans un espace moins dense à une trentaine de mètres de l’arche. On prend tous notre mal en patience, le vent pique un peu mais c’est supportable. Finalement l’attente passe plutôt vite et c’est déjà le compte-à-rebours qui commence sous « Light my way » de U2 !

Le sas de départ

Le sas de départ

C’est parti pour la SaintéLyon 2016, on attaque en légère descente dans le peloton qui s’étire rapidement derrière les élites et les pressés ! Perso je trouve même que c’est moins rapide que ce que je pensais, je trouve facilement mon rythme « allure entraînement » pour ne pas me mettre dans le rouge dès les premières minutes. Effectivement le 1er kil en juste moins de 5’, puis ça se décante sur les boulevards pour sortir de la ville. Le passage au 5ème km se fait en 22m34s, sans affoler le cardio… Peu après le 7ème on quitte le goudron pour rentrer dans les chemins en descente, avant d’attaquer la 1ère  grosse montée. Allumage de la frontale obligatoire, c’est là que ça commence ! Le 10èmekm est franchi en 49m25s, et sur le plateau suivant la température s’est encore rafraichie. Mais c’est surtout la bise qui me fait sortir le coupe-vent du sac pour l’enfiler afin de ne pas m’enrhumer. Sur les chemins carrossables je cours plutôt pas mal, je double 2 féminines dont une avec le n°9 mais je ne la reconnais pas dans l’obscurité (ma frontale est toujours en mode éco et je ne veux pas l’éblouir en la dévisageant). On arrive ensuite au 1er ravito de Saint-Christo-en-Jarez (15,5km/150ème) que j’avais sauté il y 3 ans à cause du monde. Je prends une bouteille de coca pour remplir ma flasque que j’ai terminée et j’attrape quelques sucres à la volée pour ne pas m’arrêter trop longtemps. C’est reparti pour une 2ème portion de 12km environ.

SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

On alterne les passages sur route, puis sentier, au milieu des prés ou dans les bois. Je surveille le cardio dans les montées pour essayer de ne pas dépasser 150bpm car je pense qu’à ce rythme je vais exploser avant la fin, donc je marche dès que ça grimpe trop fort. Le ciel étoilé est magnifique avec la Grande Ourse qui pointe devant nous. Pas de difficultés majeures sur cette portion avant d’arriver au ravito de Sainte-Catherine (28km/133ème) : je n’ai toujours pas compris où était le terriblement renommé Bois d’Arfeuille ! Je remplis à nouveau ma flasque mais je ne trouve pas de sucres, tant pis je me servirai de mes gels plus loin en courant… Cela fait maintenant 2h1/2 qu’on est parti de Saint-Etienne, on continue sur la route avant de s’engager encore dans les chemins en montée. Je reconnais certains passages qui étaient enneigés en 2013 mais qui sont juste gelés cette nuit. Juste vers le 34ème km, au détour d’un virage, on se retrouve soudain face à un mur droit dans la pente : 185m de dénivelé en moins de 800m ! Je mettrai plus de 11minutes à monter dans les bois, à peine plus vite que 4km/h sur ce passage…

SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

Arrivé en haut ça recommence à courir, on descend vers un village où je manque de tomber sur une plaque de verglas devant les spectateurs dans l’épingle du cimetière ! Puis on longe un pré en contrebas en marchant sur le haut d’un large muret bien gelé, le coureur qui me précède s’arrête pour me laisser le doubler en équilibre instable, et quelques instants après j’entends derrière moi quelqu’un qui trébuche dans le grillage barbelé : aille !!!

On passe ensuite le 36ème kilomètre synonyme de mi-course : 3h15 depuis le départ, ça me semble bien optimiste. Juste 3bornes plus tard, c’est déjà le troisième ravito à Saint-Genou (39km/91ème), je complète mon bidon de poudre et j’avale un autre gel en repartant dans les chemins. Devant le panneau « Arrivée à 30km » je consulte mon chrono : 3h56m, il me reste donc 3h pour finir la course en moins de 7h, alors que je partais pour terminer en 7h30 voir 7h15 dans le meilleur des cas ! Globalement on rentre à présent dans des sections descendantes, mais c’est aussi entre 4 et 5h de course qu’un léger coup de barre se fait ressentir, comme je m’en souvenais lors de ma 1ère expérience. J’essaye d’être toujours vigilant dans les descentes dont certaines bien boueuses, mais je suis obligé de me concentrer pour bien voir les reliefs. Je ne sais pas si c’est juste la fatigue qui s’installe ou ma lampe que j’économise trop. Autour du 44ème on descend 150m d’altitude sur 1km avant de les remonter sur le suivant, ça casse bien les pattes ! Puis on change de décors pour un long passage plus roulant au milieu des champs et vergers, avant de reprendre la route jusqu’au 4ème ravito à Soucieu-en-Jarrest (52km/75ème) à 4h50 de course… Petit coup de stress avant de rentrer dans le gymnase puisque je ne comprends pas les consignes du bénévole qui aiguille les coureurs solo et ceux du relais qui ne passe pas dans la même zone, je suis donc obligé de passer sous la rubalise pour rejoindre ma voie, heureusement le tapis de chronométrage était juste avant cet incident ! Encore un passage très rapide au stand pour ne pas m’endormir, et c’est reparti pour presque 2km de route pour sortir de ville à travers les lotissements.

Ensuite on court encore à travers des vergers sur le chemin de Compostelle (ça ne s’invente pas), c’est bien roulant jusqu’à un S en descente qui nous emmène à la passerelle pour traverser le Garon. Il n’y a personne ni devant ni derrière, je cours seul en doublant parfois quelques groupes de randonneurs partis un peu plus tôt des précédents ravitos. Ce passage est le plus plat du parcours, mais il ne dure pas très longtemps avant de bifurquer à gauche sur le chemin des Lapins : +80m en moins de 600m ! Heureusement le profil s’aplanit ensuite puisqu’on arrive à Chaponost (61km/54ème) pour le dernier ravito de la course au bout de 5h36. Toujours au sucre et à l’eau, je ressors du gymnase quand 2 VTT me doublent en vitesse en disant « t’as vu comme elle est revenue ! ».

SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

J’aperçois juste devant la féminine au dossard 9 que j’avais doublée en début de course, et je comprends que ça joue la gagne… Je la rattrape dans le parc avant l’étang du Boulard, et un gars de son assistance l’encourage en criant «  Vas-y Sissi, 10 secondes ! ». C’est donc bien Sylvaine Cussot, une des meilleures traileuses françaises, qui est à la poursuite d’une autre féminine que j’avais doublée avant Soucieu. Je me porte à sa hauteur et lui demande si ça va, elle me répond qu’elle est déjà remonté de la 8ème à la 2ème place et qu’elle le paye un peu. Je ne sais pas qui est la première mais elle est 30mètres devant et il reste environ 10kilomètres de course. Je demande à Sylvaine si je ne l’embête pas, c’est bon pour elle donc je lui dis : « allez viens, on va l’avoir ! ». Je tourne un peu le faisceau de ma frontale pour éclairer devant ses pas et je me décale très légèrement à ses côtés pour ne pas la gêner. Quand on rattrape des coureurs ou randonneurs je préviens de notre arrivée, car les 2 VTT ouvreurs accompagnent la coureuse qui nous précède de quelques encablures, et ensuite les gens reprennent leur route au milieu du chemin devant nous… Après une petite côte et un passage sur une route villageoise, on fait la jonction juste avant de retourner dans un single en descente à travers bois. Puis la 1ère, Juliette Benedicto, reprend un peu le large en relançant dès qu’elle peut accélérer. J’essaye d’encourager Sylvaine mais à sa respiration je sens qu’elle est au max, et elle me dit qu’elle n’aime pas la bagarre surtout en fin de course.

SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

On descend Beaunant comme des dératés en grillant le feu rouge en bas grâce aux signaleurs, et on traverse la passerelle pour attaquer la montée de l’aqueduc. Je rattrape Juliette et me met à marcher dans cette côte à 16~18% pour ne pas exploser le cardio! Mais les 2 se tirent la bourre et continuent à courir pour monter, enfin, elles trottinent en me doublant à peine… Je fais le malin mais à peine arrivées en haut, elles relancent pour s’engager dans un parc en descente et virages, et je me fais distancer de quelques dizaines de mètres ! On traverse la Mulatière à un train d’enfer, je suis toujours à leur poursuite sans arriver à les recoller, je descends les dernières marches d’escalier 2 par 2 juste derrière Sylvaine tandis que Juliette atteint les quais de Saône. Je demande au 2ème VTT de se pousser en remontant l’escalier pour atteindre le pont de l’autoroute et je rattrape Sylvaine. Je sais que maintenant c’est quasiment plat jusqu’à l’arrivée, je l’encourage à nouveau pour qu’on rattrape Juliette mais après le Musée des Confluences, Sylvaine lâche l’affaire… Je continue donc seul derrière Juliette qui a pris le large pour traverser la passerelle Raymond Barre, là où j’avais semé Sylvain lors du Marathon de Lyon 2 mois plus tôt. Je donne mes dernières forces pour le sprint final en longeant la Halle Tony Garnier, passage devant les photographes avant de rentrer à l’intérieur, un dernier virage à gauche pris à fond sur la moquette pour franchir l’arche d’arrivée !!!

L’arche d’arrivée !

L’arche d’arrivée !

Je félicite Juliette pour sa course en arrêtant mon chrono et Sylvaine arrive peu après, mais elles sont accaparées par une nuée de journalistes, caméramans et photographes. Je me dirige donc vers le ravito mais rien ne me fais envie, je vais récupérer mon t-shirt Finisher et là je reçois un SMS de ma chérie : 6h35m43s et 48ème place !!! Je n’en reviens pas, Top50 et presque 2h de moins que ma première participation en 2013 (8h29/360ème mais sur la neige et le verglas entre St-Christo et Sainte-Catherine).

Une dernière félicitation à Juliette qui me dit qu’elle avait trouvé que je courais vite en la doublant, et je vais prendre mon repas offert par l’orga. Malheureusement le bouillon n’est pas assez chaud pour cuire les nouilles chinoises, donc je laisse ma barquette sans rien manger. Je vais récupérer mon sac à dos au milieu de tous les autres, en mettant bien moins de temps à le reconnaître parmi tous les autres sacs de sport noirs : je m’étais fait avoir il y a 3ans, donc cette fois j’en ai pris mon sac Ironman à liserés jaune fluo pour être sûr m’en souvenir et de le repérer plus facilement !!! Les jambes sont refroidies maintenant, et je retourne au parking en claudiquant. Un petit message pour prévenir ma chérie et je prends la route pour rentrer à la maison et savourer un long dimanche en famille !!!

Voilà, je voulais aussi pour une fois remercier tous les copains : Yvon pour ses conseils avisés (même si je ne les ai pas tous suivis), Mukasa pour ses pensées, François et David de TO69BeB pour tout l’équipement : chaussures North Face, T-shirt Xbionic – lampe frontale Petzl Myo RXP, sac Salomon S-Lab skin 3 5, coupe-vent Wind Trail Kalenji Templiers !!! Merci aussi à Laurent pour la motivation des 6h même si je n’aurai pas parié un kopeck dessus. Enfin merci à ma famille de me supporter (dans tous les sens du terme) : papa pour la voiture toujours dispo quand j’en ai besoin, et surtout ma chérie et mes 2 enfants auxquels j’ai bien pensé en courant pendant cette froide nuit (et je sais que c’était réciproque).

Maintenant place à la récupération, mes articulations en ont bien besoin ! Et la suite de mes aventures en 2017 avec j’espère d’autres opportunités de courses et de réussites que je partagerai avec vous tous !

Bye, seb…

SaintéLyon 2016 samedi 3 décembre 2016 par sebsoupe

Publié dans Compte rendus courses

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sebsoupe 12/12/2016 12:42

Merci la TissTeam01 !!! ;)
Merci Pat!

Pat 12/12/2016 12:40

6h35 !!!??? Alors là bravo, sacrée perf !