Marathon Run in Lyon 2016 par sebsoupe

Publié le par tissteam01

Marathon Run in Lyon 2016 par sebsoupe

Il est toujours un peu difficile de trouver par où commencer un compte-rendu de course, tellement de choses importantes se passant avant de franchir la ligne de départ. Cette année sportive avait commencé sous de bons hospices, avec des perfs sur semi et marathon approchant mes records de jeunesse. Malheureusement le début d’été (ou la bascule dans la quarantaine ?) se fit dans la douleur, avec une tendinite d’Achille à l’attaque de ma prépa, juste avant les congés de mi-juillet… En août les sensations n’étaient pas bonnes du tout : le souffle court, les jambes coupées, les pulsations trop hautes, sûrement pas aidé par la chaleur suffocante ni les goûters+ apéros+barbecues de l’été !!!

J’en étais même à me demander si courir un marathon dans ces conditions de forme était bien raisonnable ? Mes séances sur piste étaient à chaque fois avortées, autant à cause de ma méforme que de mon tendon récalcitrant, et les premières sorties longues un calvaire démoralisant… Néanmoins à partir de mi-septembre, à la faveur des températures se radoucissant et à force de persévérance, les chronos et le cardio commencèrent aussi à baisser, et je me retrouvais de manière inespérée au même niveau qu’au printemps…

Dans ces conditions, avec une prépa anarchique et schizophrène, il me fut presque impossible de trouver un objectif de départ pour le Run in Lyon. Ayant du mal à me satisfaire d’un 3h05~3h10 « option sécurité », je me décide 2 jours avant la course pour partir sur des bases sous les 3 heures et tenter un négative split pour approcher à nouveau mon meilleur temps sur la distance (2h55 à Lyon 2003) après avoir échoué en début d’année à Paris suite à un départ peut-être légèrement trop rapide.

Mon dossard préférentiel

Mon dossard préférentiel

J’arrive donc ce dimanche 2 octobre à Lyon comme à mon habitude,3/4~1h avant le départ, pour me garer sur les quais du Rhône. J’enfile mon débardeur+dossard que j’avais préparés avant de partir à la maison, je chausse mes New Balance RC1600V2 « de course », et je file direction place Bellecour pour déposer mon sac à la tente Renault-Trucks. J’y croise quelques collègues de Bourg qui vont courir le semi, puis je trottine jusqu’à l’arche de départ pour m’échauffer. Je rentre dans le sas Elites/préférentiel 10minutes avant l’heure, en essayant de me relaxer pour éviter mes problèmes de cuisses crispées à cause du stress. On discute avec les 2 coureurs qui m’entourent car l’un d’eux veut partir sur 2h55 et l’autre en 3h, ce qui est pile dans mon créneau !

8h30, le coup du starter retentit, c’est parti pour un peu + de 42 kilomètres sur le bitume lyonnais. Tout de suite j’essaye de ne pas m’affoler malgré les coureurs pressés qui commencent à doubler de tous les côtés, principalement ceux du semi-marathon qui visent moins d’une heure et demie, enfin j’espère ! Le premier kilomètre est bien dans mon rythme prévu : 4m17s/km (je visais entre 4’15 et 4’20 pour le départ).

Peu après le départ

Peu après le départ

Le suivant se déroule de manière identique, j’en profite pour discuter avec un coureur de TrailOutdoor69, l’association dont on va démarrer la branche burgienne cette semaine. Je cours tranquillement, à l’aise au niveau cardio-respiratoire. La température est douce, je suis bien content d’avoir pris mon débardeur light, car un t-shirt aurait été trop chaud. Le 1er ravitaillement est situé entre le 4ème et le 5ème kilomètre, et là, mauvaise surprise, je ne trouve qu’un gobelet d’eau mais pas de petite bouteille, bien plus pratique pour boire en courant. Je réussis à choper 2 morceaux de sucre mais effectivement je n’ai pas le coup de main et je ne bois que la moitié du gobelet, le restant tombant par terre avant d’atteindre ma bouche… On continue à longer la Saône en remontant vers le Nord, on ne sent pas trop de vent face à nous, même s’il me semble que le peloton est plus dense que l’année dernière pour se mettre à l’abri.

Entre le 7ème et le 8ème kilomètre, je me retrouve à côté d’un ancien collègue de l’usine engagé lui aussi sur le marathon. Avec Sylvain on a déjà couru dans la même équipe pour le relais des entreprises à Viriat mais il est bien plus rapide que moi sur courtes distances. Je savais qu’il était inscrit pour aujourd’hui mais c’est marrant de se retrouver parmi + de 1500à coureurs ! Je lui demande quel objectif il vise, vu son chrono sur 10km la semaine dernière je suppose qu’on ne doit pas être éloigné : moins de 3h pour lui aussi, ce qui serait son record. Tacitement nos foulées s’accordent sur le même rythme et tout en continuant à discuter, nous nous rapprochons petit à petit du 10ème km, où nous faisons demi-tour en franchissant la Saône par le pont Paul Bocuse avant le ravito (qui n’est pas gastronomique). Heureusement ici les bouteilles d’eau sont tendues par les bénévoles, et je peux en prendre une au vol pour boire quelques gorgées et faire fondre les carrés de sucre dans ma bouche sans trop ralentir ma course. En redescendant le long des berges de Saône, on croise de nombreux cyclistes qui sortent de Lyon pour la sortie dominicale, ainsi que les clubs d’avirons qui commencent à sortir les embarcations des hangars en traversant notre route. Parmi les bénévoles qui jalonnent le parcours j’aperçois David, le Prez de TrailOutdoor69, qui a juste le temps de me prendre en photo de dos…

On accélère légèrement pendant les 13ème et 14ème kilomètres avant de reprendre notre rythme au 15ème km pour le 3ème ravitaillement. Juste après on se sépare des coureurs du semi qui prennent la voie de droite pour s’engouffrer dans le tunnel « mode doux » de la Croix Rousse tandis que nous restons courir entre marathoniens, bien seuls sur la voie de gauche. Bizarrement et contrairement aux autres années, il ne fait pas trop chaud dans le tunnel, et on continue toujours sur le même rythme d’environ 4m15s/km, malgré le GPS qui a perdu notre trace ! Après 2 kilomètres courus « sous terre » on voit la lumière au bout du tunnel (sic !) et on sort au grand jour et beau soleil pour traverser le Rhône et remonter en direction de la Cité Internationale. Sylvain en profite pour faire une pause technique, je continue vers le ravito du 20ème juste avant l’entrée Nord dans le Parc de la Tête d’Or. Sylvain me rattrape avant le passage du semi-marathon qu’on franchie en un peu moins d’1h30.

On traîne un petit groupe de coureurs derrière nous, mais qui sont sans doute parti trop vite car ils ne suivent pas notre rythme bien longtemps. En fait nous avons accéléré très légèrement (de 3secondes au kilomètre) et nous rattrapons petit à petit des coureurs isolés. On sort du Parc côté La Doua pour longer le Transbordeur, pas de concert intéressant ce matin donc on continue notre chemin en doublant un coureur en tenue intégrale « drapeau breton ». On retrouve le boulevard au 25ème pour entamer la redescente des quais du Rhône vers le Sud. Nous sommes toujours autour de 4’12/km, et les kilomètres défilent le long des péniches, encouragés par les promeneurs du dimanche. Juste avant le 30ème km et le fameux « mur », on double le coureur qui voulait faire 2h55, je l’encourage car il est cuit et n’atteindra pas son objectif. Mon tendon me fait mal à chaque pas depuis le semi, mais je n’ai pas l’impression de trop boiter et le reste des jambes n’est pas encore trop mal en point malgré les précédents km plus rapides (je n’espère pas TROP).

Avec Sylvain

Avec Sylvain

On rentre dans le parc de Gerland puis ses bâtiments industriels et entrepôts, il n’y a plus de spectateurs pour encourager personne, même les bénévoles se font rares pour nous aiguiller sur le parcours qui n’est pas très bien indiqué. Avant de traverser le stade de foot désert de Gerland, le circuit nous fait faire un aller-retour de quelques centaines de mettre où l’on croise une féminine dans le dur, puis sa poursuivante en meilleure forme qui la dépassera avant la fin de course. Après le 35ème km nous remontons vers la halle Tony Garnier (pas de bon son ici non plus) puis nous traversons la nouvelle passerelle Raymond Barre pour rejoindre Confluence. Sylvain est toujours légèrement devant pour les grimpettes, mais au moment de redescendre je le sens faiblir et sa respiration devient plus sonore. Je sais que c’est ici que notre balade en commun se termine car pour ma part je veux essayer de finir fort et je profite de mon élan pour accélérer le rythme.

Le 38ème est couru en 4’05 et 4’02 pour le km39, je rattrape encore quelques coureurs et ça me motive en les dépassant. Je double le 2ème gars du départ (qui voulait faire 3h) et le félicite de sa course « sans prépa »… Le vent du Nord est bien sensible maintenant et nous l’avons de face pour les derniers bouts droits. Malgré mes efforts le rythme chute un peu pour revenir à 4m09s/km pour les 40 et 41èmes km. Maintenant je suis vraiment tout seul et j’essaye de tout donner pour le dernier kilomètre, on passe le long des sas de départ du 10km remplis des coureurs qui attendent leur départ, tout le monde nous encourage et je suis à bloc !

Dernier virage à droite pour rejoindre l’arche d’arrivée place Bellecour, j’essaye de garder le rythme jusqu’à la ligne, et voilà ! C’est fini ! Je stoppe mon chrono et mon GPS de prêt (merci Pascal !) qui affichent 2h57m30s ! Encore sous la barrière « mythique » des 3 heures ! Je suis trop content, je n’aurais pas espéré mieux au regard de ma méforme et de ma blessure… Je reste dans le sas d’arrivée pour attendre Sylvain, le jeune coureur en 3h arrive juste avant lui, et un autre coureur vient me remercier car il nous a suivi presque tout le deuxième semi grâce à notre allure régulière ! Je fais la bise au bénévole en chaise roulante qui me met la médaille autour du coup, j’enfile mon tshirt finisher pour ne pas prendre froid, et je marche tranquillement jusqu’au ravito !

Dernière ligne droite avant l'arrivée

Dernière ligne droite avant l'arrivée

Puis je récupère mon sac à dos à la tente Renault Trucks, je discute avec les collègues qui ont terminé le semi tout en mangeant quelques club sandwich agrémentés d’un verre de jus de pomme ! Enfin je m’en retourne à la voiture en répondant aux textos de ma chérie et des amis qui me demandent comment ma course s’est passée. Une dernière photo souvenir sur les berges en encourageant les marathoniens qui sont au km28 (courage !), et je reprends la route pour la maison…

Voilà, c’est fini pour ce compte-rendu, merci à tous pour vos encouragements et félicitations, et pour votre courage si vous avez tout lu jusqu’ici !!! Rendez-vous à la prochaine course, ou au prochain ravito !!! Bye…

MERCI

MERCI

La médaille de finisher

La médaille de finisher

Mon diplome de marathonien

Mon diplome de marathonien

Publié dans Compte rendus courses

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Sab 23/10/2016 13:04

Bravo pour la perf!!! Comme quoi l'age ne veut absolument rien dire ;) Pour ma part je suis en pleine convalescence justement suite à une tendinite au tendon d'Achille qui me pourri l'existence depuis plus de 7 mois...Si tu as des conseils je suis preneuse! Encore félicitation ton parcours et merci pour ton retour. :)

sebsoupe 23/10/2016 13:46

vélo, piscine, marche à pied mais surtout pas de repos complet... (bon je ne suis ni kiné ni médecin) ;) Courage et merci, sebsoupe

sebsoupe 07/10/2016 21:22

Merci la TissTeam ;)