Mon Ironman de Vichy .... par Herman

Publié le par tissteam01

Par où commencer ? Quelques jours après cette course j’ai toujours du mal à faire le bilan de cette épreuve…

L’année dernière, ma participation à mon premier triathlon « longue distance » (le half Challenge de Vichy) était une étape vers mon objectif de courir un Ironman avant mes 40ans, et je l’avais franchie avec réussite. Malgré tout j’avais longtemps hésité à m’inscrire pour la suite, principalement à cause du coût, mais les discussions à la piscine avec Da Lou qui voulait tenter le half ont fini par me convaincre, et j’ai débuté 2015 avec mon inscription en poche et la ferme envie de réitérer ma perf’ sur deux fois plus long !

Comme l’an passé, c’est donc le samedi matin vers 8h que je pars de Bourg-en-Bresse avec tout le matos chargé dans la voiture, mon vieux MBK Trainer remplacé par le Ridley Cheetah spécial triathlon ! Direction Vichy pour récupérer le dossard, les sacs de transition et poser le vélo au parc. La météo est bonne et à part un peu de brouillard en traversant le Beaujolais, il y a un grand soleil et il commence à faire chaud malgré un léger vent. Arrivé sans encombre après 2h30 de route, il y a beaucoup plus de monde aux alentours du centre omnisports et je suis obligé de me garer à presque 1km du village Ironman ! Ma licence USAT en poche, je traverse les stands de merchandising pour aller directement à la remise du pack coureur : un nouveau sac à dos rempli de flyer et publicités mais contenant surtout le dossard, les autocollants avec le numéro de course pour le vélo, le casque, et les 3 sacs à remplir avec les affaires pour les transitions swim-to-bike, bike-to-run puis sportswear pour l’après-course. Bryce du forum onlinetri m’avait prévenu qu’il attendait avec Poolio que Jean-Louis alias ironturtle finisse son relais vélo sur le half, mais n’arrivant pas à les joindre je décide de retourner à la voiture préparer le vélo pour rouler 20 minutes puis enchaîner par 10’ de course à pied. Je me mets en tenue, mais à peine parti je trouve que le vélo ne roule pas ? En fait la roue arrière s’est voilée pendant le trajet et frotte sur les patins de freins ! argh ça commence mal ! N’ayant pas pris la mallette d’outils complète et donc sans la clé à rayons, je desserre l’étrier et je tire un peu sur la roue pour tenter de dévoiler ce que je peux jusqu’à ce qu’elle tourne enfin librement. Puis je repars rouler pour faire tourner les jambes… Je constate aussi que les vitesses ne tombent pas toutes pil-poil sur les pignons, mais je préfère ne pas tout dérègler n’importe comment, ça ira bien comme ça ! Au bout d’une petite demi-heure (en comptant les arrêts mécano) je retourne poser le Ridley dans le coffre, et je chausse les runnings pour aller trottiner un peu. Ironturtle me téléphone pour me dire qu’ils sont avec Poolio vers la passerelle au-dessus de l’arrivée du parcours course à pied, donc je les rejoins en footing cool, de toute façon vu la chaleur je me dis que ça ne sert à rien de se griller aujourd’hui. Je rencontre donc ces amis du forum pour la 1ère fois en chair et en os, ça fait toujours bizarre !!!

Ironturtle et son softride « batbike »

Ironturtle et son softride « batbike »

Michele alias Poolio m’offre les 2 derniers DVD d’Hawaii, trop sympa !!! On discute un peu en attendant de voir passer Bryce qui court le 1er tour du semi-marathon, ironturtle en profite pour retourner sur la fin du parcours vélo dans le parc où il a perdu un morceau du prolongateur sur les bosses. De mon côté je surveille régulièrement si je ne vois pas passer Da Lou qui devrait finir le half-ironman. Au bout d’un moment, ironturtle revient avec le softride et tous les morceaux, petite séance de remontage puis il se prépare avec Poolio pour aller passer la ligne tous les 3 avec Bryce qui devrait finir son relais. Je propose à ironturtle de surveiller son batbike pendant ce temps, promis je ne partirai pas avec ! Et juste après, qui vois-je arriver ? Da Lou avec son Dogma qui vient de finir sa course ! Mince je ne l’ai pas vu passer pour l’encourager dans la dernière ligne droite… Il ne sait pas trop combien de temps il a mis, après vérif : 5h16 !!! Super content pour lui, une belle performance et un niveau bien homogène, je pense que la reconnaissance du parcours vélo qu’on avait faite ensemble début juillet a bien aidé pour le jour J ! On reste un bon moment à discuter, rejoint par ses parents, avant qu’ils ne repartent pour Bourg. Par contre, toujours pas de signe des 3 relayeurs, il est bientôt 14h et je n’ai pas mangé, donc je rends le batbike à la sœur de Bryce pour aller chercher mon panier pique-nique à la voiture. Encore 1km de marche au soleil, ça cogne vraiment et la météo annonce encore plus chaud pour demain… Arrivé à la voiture, je quitte la trifonction pour me rhabiller en touriste, mais je trouve dans le coffre le vélo avec son pneu arrière à plat : explosé à cause de la chaleur (c’est une vraie fournaise là-dedans) ! Encore de la mécanique en prévision, il faudra faire vite et bien avant de pouvoir emmener le vélo au parc… Vu la température je décide de retourner vers l’arrivée pour manger à l’ombre. J’essaye de voir l’équipe Poolio/Iron/Bryce mais ils sont partis mangés eux aussi, donc je me pose sur une table tranquille pour déguster mon tupper de riz-poulet-pâtes, une bonne part de gâteau sport maison (chocolat-miel-banane), le tout arrosé de Vichy Célestin !!!

En repartant à la voiture je vois une place de stationnement bien plus prêt de la zone de départ, et à l’ombre ! Je vais vite m’y garer afin de pouvoir bricoler le vélo sans cuire à vitesse grand V. Démontage de la roue arrière, inspection du pneu et de la chambre à air : un joli trou mais pas d’épine ou clou, je décide de coller une rustine pour garder ma chambre à air de secours pour la course de demain. Remontage, regonflage, et enfin je m’attaque à la préparation des sacs de transition. Malgré l’expérience de l’année dernière, toujours autant de stress pour cette étape, avec la crainte d’oublier d’y mettre un truc important. Et soudain un pshiiiit provenant du vélo se fait entendre, la réparation de la roue arrière n’a pas tenue 5minutes ! Allez comme je suis chaud je recommence tout mais cette fois je remplace directement la chambre à air, tant pis pour demain ! Finalement je me dis que c’est mieux de crever la veille plutôt que le matin de la course comme l’an passé, ou pire pendant ! Puis je termine de remplir les sacs, cette fois j’ai l’impression que tout est OK ! Direction le parc à vélo chargé comme une mule, le bracelet ironman au poignet me permet de rentrer dans la zone athlètes, les bénévoles vérifient le casque et les autocollants avec le n° (sauf les tatouages, Da Lou m’avait prévenu que comme ils ne tenaient pas bien, l’organisation était d’accord pour qu’on ne les mette que le matin même). Un photographe shoote le Ridley devant une banderole ironman, et je me rends à mon emplacement. Vélo « ready » avec les chaussures clipsées sur les pédales automatiques, les lunettes de soleil et le porte-dossard posés dans le casque sur les prolongateurs. Dépose des 2 sacs de transition dans les racks, maintenant il ne reste plus qu’à attendre demain matin !

Le Ridley est dans le parc !

Le Ridley est dans le parc !

Je retourne à la voiture, rendez-vous 40km plus au Sud pour passer la soirée et la nuit chez David&Christelle. Je m’arrête néanmoins au Decathlon de Bellerive (juste à la sortie du centre omnisports) pour me racheter une chambre à air pour la course, pas envie d’être obligé d’abandonner sur crevaison comme le gars à côté de qui je mangeais à midi… Je cherche aussi une casquette pour le marathon comme le soleil va cogner fort, mais plus rien en stock aux rayons running ou tennis, à part du noir qui attire la chaleur. Je regrette presque de ne pas avoir accepté la proposition de Da Lou qui voulait me prêter la sienne qu’il avait oublié pour le half ! Par contre je m’achète aussi une nouvelle paire de lunettes de soleil large et ultra-légère pour le vélo et le marathon, comme on m’a appris quelques jours avant que cela pouvait faire économiser de l’énergie pour la course à pied, en évitant de plisser les yeux et de crisper la nuque et les épaules! (merci lolobkk) Je reprends la route et un peu moins de 3/4h après je suis enfin chez mes anciens collègues de Michelin ! Petit apéro (jus de fruit pour moi) et un bon repas du Chef David, puis je monte me doucher et me préparer pour le dodo qui sera court ! Un petit moment devant la télé, le documentaire sur les nomades perdus au milieu d’immensité rocailleuses a le don de faire oublier ce qui va m’arriver demain ! Réveil programmé pour 4h15, au chaud dans le lit (il a fait presque 35°C cet après-midi), un dernier texto à ma chérie, je ne tarde pas trop à m’endormir. Quand il sonne quelques heures plus tard, ça pique quand même un peu ! Je rassemble mes affaires et je descends discrètement à la cuisine prendre mon petit déjeuner : gâteau sport maison et banane. Je prépare un bidon de malto High5 comme boisson d’attente et un autre caféïné pour mettre sur le vélo (j’essaierai de ne pas l’oublier dans le sac comme l’année dernière). Je charge mes sacs dans la voiture et je pars direction Vichy sous une magnifique pleine lune, il fait toujours chaud et le vent s’est déjà levé, ce ne sont pas les meilleures conditions météo mais on fera avec, pas trop le choix ! Trajet sans encombre, arrivée à Vichy vers 6h, je trouve cette fois une place facilement pour garer la voiture sur une place qui sera à l’ombre ce soir… J’ai déjà la trifonction sur moi, je prends le sac « sportswear » pour les affaires d’après course et je me rends au parc à vélo. Je mets tout de suite le bidon sur le vélo, le gars à côté de moi à une pompe à vélo, je lui emprunte pour remettre la pression dans les pneus. Je ne garde que le bonnet, les lunettes et la combinaison et je vais mettre mon sac à la consigne. Puis je reviens me préparer pour la natation, pendant que les pro se mettent à l’eau pour leur départ. Plus qu’un gros quart d’heure à patienter, les pro féminines s’élancent à leur tour, puis la 1ère vague d’athlètes groupe d’âge, et les bonnets rouges dont je fais partie descendent dans l’Allier pour le départ des 3800m. L’eau est bonne, j’ajuste mes lunettes, je n’ai pas l’impression qu’on soit si nombreux que ça… Le starter nous libère, c’est parti pour 2 aller-retour d’un peu moins de 1000m chacun avec une sortie de l’eau « à l’australienne » entre les deux. En fait si, y’a du monde dans l’eau, et même si je ne m’étais pas mis aux avant-postes ça se bouscule pas mal ! Au bout de quelques centaines de mètres on est toujours les uns sur les autres, du coup je passe un peu en brasse pour me rassurer un peu, mais c’est ensuite un peu dur de reprendre le crawl calmement ! J’essaye de respirer profondément et de poser ma nage et finalement ça repart, par contre pas possible de prendre les jambes d’un autre nageur, à chaque fois je dépasse au bout de quelques mouvements, ou bien ça croise dans tous les sens… Du coup après le demi-tour je me retrouve un peu seul quand je commence à me faire rattraper par les filles à bonnets roses parties 4minutes après moi… Petit à petit la sortie se rapproche, on entend la sono avant de sortir de l’eau une 1ère fois sous les encouragements du public. Pas de plongeon ou de bombe éclaboussante pour démarrer la seconde boucle, je descends dans l’eau tranquillement avant de reprendre ma nage, le soleil s’est levé et il est face à nous pour rejoindre la 1ère bouée, pas évident de se diriger en étant ébloui. Passage devant la bouée 2000m, à peine plus de la moitié de la distance derrière moi, je savais que ça allait être long… Comme je ne respire qu’à gauche en 2 temps, je vois le soleil jouer à cache-cache avec les immeubles sur la rive, c’est sympa ! Par contre, toujours personne qui suivre de près pour bénéficier de l’aspiration, du coup je fais ma course tout seul mais je dois zigzaguer un peu… 2500m, 3000m puis 3500m, les bouées rythment lentement mais sûrement mon chemin de croix, mais la sortie se rapproche petit à petit. Dernière ligne droite vers l’arche de sortie, je touche enfin le ponton après plus d’1h20 dans l’eau, ça c’est fait !

Sortie de l’eau dans les derniers

Sortie de l’eau dans les derniers

Je commence à enlever les manches de la combi en trottinant vers l’aire de transition, je récupère mon sac « bike » dans les racks et file à la tente pour me changer. Je fini d’enlever la combinaison, je sors ma serviette pour mettre les pieds dessus, enfilage rapide des chaussettes, je mets 2 barres de céréales dans les poches arrières de la trifonction puis je range vite fait le reste dans le sac et je sors de la tente en courant pour rejoindre mon vélo dans le parc. Porte-dossard autour de la taille, lunettes de soleil sur le nez et casque bien attaché sur la tête, je sors du parc en courant en poussant le vélo une main sur la selle, il y a du monde après la ligne de sortie donc je slalome un peu entre ceux qui s’arrêtent pour clipser les pédales en montant sur leur vélo. Je saute sur le mien, les pieds sur les chaussures fixées aux cales auto, et c’est parti pour une petite balade dominicale de 180km et des poussières… La sortie du centre omnisport est toujours aussi bosselée à cause des racines qui soulèvent le goudron par endroit, néanmoins j’essaye déjà de boire un peu pour profiter de la relative faible vitesse dans cette zone…

Départ pour 180km de vélo

Départ pour 180km de vélo

Arrivé sur la route, le circuit commence directement par une petite montée jusqu’à l’église puis un quartier résidentiel ou on tournicote à droite à gauche pour sortir de Bellerive. Je sais grâce à la reco du parcours qu’il y a une petite descente en virage avant d’attaquer la nationale direction St-Yorre donc je fais attention dans cette zone de ne pas me rapprocher trop près d’un autre concurrent, car en plus le revêtement est bien défoncé par endroit et il y a des bidons et des cartouches d’air comprimé jonchent déjà le sol, perdus par les cyclistes précédents à cause des vibrations ! Tout reste bien en place sur mon vélo, je mets le compteur sur « vitesse moyenne » en attaquant la 1ère ligne droite, objectif 34km/h… En fait je vois rapidement que ça va être compliqué, le vent du Sud est bien présent de face ou presque, donc la moyenne peine à grimper. Enfin pas pour ceux qui roulent en file indienne, ils n’ont pas dû lire le règlement ! Je suis obligé de me décaler plusieurs fois pour redoubler des petits groupes de 3~4 coureurs qui font le yoyo, ça se passe et se repasse sur plusieurs kilomètres alors j’essaye de me concentrer sur mon rythme et de faire le trou dans les faux plats descendants pour ne pas appuyer trop fort sur les pédales et garder du jus pour le 2ème tour. A l’entrée de Maringues je double à nouveau quelques concurrents quand une moto avec arbitre nous double et nous demande de nous écarter, j’accélère un peu avant le « centre-ville » pour ne pas me faire engluer, et à la sortie nous entamons enfin un passage avec le vent dans le dos pour augmenter la moyenne qui peine à décoller au-dessus de 31km/h…

Maïs ou blé ???
Maïs ou blé ???

Maïs ou blé ???

Les lignes droites suivantes se font vent de travers puis à nouveau de face un moment, ça n’avance pas super vite et je n’ai pas envie de me cramer sur le 1er tour donc je prends mon mal en patience… Par contre le fait de connaître le parcours est toujours sympa, ça permets d’anticiper un peu et je reconnais les coins où on s’était arrêtés avec Da Lou pour se rafraîchir dans les fontaines ou les buvettes ! Mais pas le temps pour aujourd’hui, j’essaye juste de ne pas louper les ravitos pour bien prendre un bidon plein à chaque fois, 1 barre de céréales sur les premiers ravito pour manger un peu du solide, car je trouve que la boisson énergétique n’est pas très dosée ? On attaque ensuite le retour vers Vichy mais je sais qu’il reste de longs passages cabossés ou en faux plat, et surtout la seule « grosse » montée de la boucle avant de traverser la forêt et d’entamer le second tour. Les arbitres à moto nous doublent bien régulièrement, et enfin un athlète italien se prend un carton pour drafting devant moi, il ne discute pas la décision, je pense qu’il sait pourquoi et l’arbitre avait dû le repérer depuis un bon moment ! Les spectateurs sont bien présents aux traversées de village et intersections, et les encouragements sont les bienvenus ! A la sortie de la forêt, on part pour une portion rapide en légère descente vers la fin du tour, le compteur grimpe enfin un peu et la moyenne est à 32,5km/h, c’est loin de ce que j’espérais mais je m’en serai bien contenté lorsque ma roue arrière commence à louvoyer et s’enfoncer : crevaison !!! Argh, pas ça ! Je m’arrête sur le bas-côté en herbe, le pneu est vraiment à plat il va falloir réparer au bord de la nationale ! Du coup j’en profite pour faire une pause pipi, je crois que c’est interdit mais tant pis… Je pose le vélo à l’envers pour démonter la roue, mais il ne tient pas l’équilibre sur les prolongateurs ! Je dévisse l’attache rapide, sors un démonte-pneu de la sacoche de selle, et je commence à enlever la chambre à air. Je passe les doigts 2 tours dans le pneu, je ne trouve pas d’épine ni de silex, idem dans le fond de jante… Une moto s’arrête et l’arbitre me demande pourquoi je suis arrêté et surtout de remettre le haut de ma trifonction pour éviter l’attentat à la pudeur ! Une fois m’être remis en conformité et l’arbitre partie, je décolle les 3 bouts de chatterton qui maintiennent ma mini-pompe sous le tube horizontal et je gonfle légèrement la chambre pour trouver le trou. C’est sans compter sur le bruit alentours, avec le bruit de la route et le vent dans les arbres, je sens parfois l’air sous mes doigts mais je dois redonner quelques coups de pompes pour le localiser précisément. Je le recouvre d’une rustine autocollante pour réparer, puis je remonte la chambre dans le pneu puis sur la roue, et je regonfle énergiquement pour être à peu près certain d’avoir suffisamment de pression pour finir ou au moins rejoindre le prochain ravito où j’espère trouver une vraie pompe ! Je prends la roue pour la remettre sur mon vélo, et en passant la cassette dans le dérailleur : argh (bis !) je réalise que j’ai trop dévissé l’écrou de l’axe, et que je l’ai perdu dans l’herbe haute !!! Il n’est pas sous le vélo, je me retourne pour inspecter la zone ou je suppose avoir posé la roue pour réparer : rien ne me saute aux yeux, je brasse un peu les brins d’herbe pour le trouver, sinon la course est finie pour moi au kilomètre 83 !!! Enfin je l’aperçois, par contre je ne m’attarde pas sur le petit ressort, je ferai sans… Je remonte enfin la roue, non sans faire dérailler la chaîne du plateau : décidément le stress n’est pas toujours un bon allié !

Mon Ironman de Vichy .... par Herman

Allez maintenant faut repartir, beaucoup de monde m’a dépassé pendant cette pause mécanique, il va falloir se remettre dans le rythme mais je sais que mon objectif de chrono sera impossible à atteindre et dans tous les cas ces minutes d’arrêt sont perdues. Malheureusement, j’ai l’impression qu’il y a un saut sur la roue arrière, comme une hernie sur le pneu ! Je continue de rouler en me disant qu’au prochain ravito je regonflerai tout proprement pour m’assurer de la bonne réparation, et qu’il serait dommage de s’arrêter à nouveau dans cette portion rapide. Dans la descente raide sur Bellerive, je ne me mets pas sur le prolongateur mais ça roule quand même à 55, et pshiiit à l’arrière ! C’est reparti pour un tour, 2ème crevaison, je m’arrête en catastrophe heureusement que personne ne me suivait de trop près ! Je vous passe les détails mais cette fois je change directement la chambre à air. Un spectateur s’approche pour m’aider mais je lui rappelle que c’est interdit et que je risque la disqualification ! Mais comme il est têtu (ou auvergnat) il plie ma chambre à air morte pour que je la range dans ma sacoche… Nouveau (re-re)départ, je termine la descente, à l’intersection en bas à gauche c’est la direction de l’arrivée mais là on tourne à droite pour le 2ème tour, et il reste encore des bornes à faire avant de repasser par là pour finir le vélo. Au ravito finalement je ne prends pas le temps de m’arrêter, tant pis je finirai sans savoir à quelle pression je roule. Par contre le bidon d’eau que les bénévoles me tendent a un goût abominable, on dirait que je mange un gros feutre indélébile !!! Sur le coup je pensais que j’avais de la graisse sur les doigts et que j’en avais avalé, mais non c’était bien l’eau qui était infecte… Pourtant il va falloir s’en contenter pour s’hydrater car le soleil est haut et chauffe bien, et le vent aussi a encore forci par rapport au 1er tour… La moyenne qui n’était déjà pas fameuse commence à descendre petit à petit (sans tenir compte des 2 stop pour crevaisons), je repasse sous 32km/h, puis sous 31,5 ! Aux alentours du 130ème kilomètre, je souffre dans le vent, le nez dans les prolongateurs, en plein cagnard, impossible de rouler à plus de trente : je suis tout à coup pris d’un gros coup de blues ! Tout ça pour ça me dis-je, les mois d’entraînement, le nouveau vélo, les frais d’inscription qui m’avaient presque rebutés à venir, et là je vois mon chrono qui doucement s’éloigne, sans parler d’une illusoire qualif’ (il faudrait une intoxication à le remise des slots pour que j’obtienne ma médaille pour Kona au roll down !!!). J’en ai presque les larmes aux yeux, et je cherche à ne plus regarder le compteur qui me renvoie à ma défaillance. J’essaye juste de continuer à pédaler pour faire défiler les kilomètres, et finalement le moral revient progressivement, peut-être en partie grâce au sucre des gels énergétiques que je me décide à prendre à tous les derniers ravitaillements. Puis le fait de se rapprocher, même lentement, de la fin du parcours, m’aide aussi à tenir bon malgré le retard sur mes prévisions et ce que j’avais annoncé avant le départ. J’espère juste maintenant que ma chérie ne va pas s’inquiéter en attendant à l’arrivée du vélo que je pensais terminer autour de 2h de l’aprèm’… C’est vrai aussi que le deuxième tour était moins animé, tout le monde semblait scotché au bitume sous la chaleur, mêmes les arbitres à moto avaient disparu ! Enfin après un dernier passage dans les sous-bois j’arrive enfin dans les dernières lignes droites où j’avais crevé au 1er tour, je regarde où je roule pour ne pas passer sur des clous !!! On repasse dans Bellerive avant de traverser le Creps et rejoindre le parc à vélo, j’enlève les scratchs et je déchausse, en finissant de pédaler les derniers avec mètres les pieds sur les chaussures, puis je descends du vélo avant la ligne et je cours vers mon emplacement ! Soulagement car mon fan club perso est là, mes enfants et ma femme adorées hurlent pour m’encourager, j’ai juste le temps de leur dire en passant pour mes 2 crevaisons qui m’ont retardé. Je repose mon vélo à son emplacement, j’enlève mon casque et je cours prendre mon sac « run », passage sous la tente pour chausser les saucony et c’est parti pour un marathon sous une chaleur étouffante et toujours un fort vent du Sud… A la sortie de l’aire de transition il y a une rampe de brumisateur pour se rafraîchir un peu, mais cela a plutôt pour effet de mouiller les baskets car la moquette est imbibée d’eau. MA petite famille est toujours là pour me soutenir et m’encourager au départ du premier tour, il faut en effet courir 4 fois la boucle autour de l’Allier, identique à celle du half de l’an dernier. Je sais qu’il faut que je ne parte pas trop vite, je dois avoir l’impression d’être très facile et de courir lentement pour tenir 42km. Je trottine donc le long de l’hippodrome puis du golf jusqu’au 1er ravito où les bénévoles nous arrosent au jet d’eau si besoin, je marche quelques mètres pour prendre un gel et boire un gobelet d’eau, puis reprends ma course jusqu’au pont de la République qu’on traverse avant de tourner à droite pour rejoindre la plage des Célestins. On fait alors demi-tour pour remonter vers le Nord en courant au bord de l’eau, le soleil cogne dur et tous les ravitaillements sont l’occasion de ralentir pour se rafraîchir en me versant un gobelet d’eau sur la tête et de me faire arroser. On remonte vers le parc pour profiter de l’ombre avant d’aller vers le centre-ville, quelques coureurs qui ont déjà fait 1 tour ou 2 me doublent mais moi aussi j’en dépasse de nombreux qui courent plus lentement que moi-même si je ne suis même pas à 12 à l’heure ! Le marathon va être dur, et même si ce sera mon dixième si je le termine, c’est le plus chaud que je n’ai jamais couru : 35°C à l’ombre !!! On continue ensuite sur la promenade entre la Rotonde et le Pont de l’Europe qu’on traverse dans l’autre sens pour rejoindre le parking du centre omnisport puis l’aire d’arrivée, les bénévoles nous donnent un chouchou de couleur pour compter les tours parcourus puis on s’engage entre les rangées de spectateurs avant le ½ tour dans l’aire d’arrivée, je suis un peu plus lent que prévu mais rien de dramatique et vu la chaleur je ne m’inquiète pas trop, maintenant l’objectif c’est de tenir le rythme jusqu’à la fin !

1er tour OK

1er tour OK

Hélène et les enfants sont toujours là pour m’encourager à chaque passage, ça remonte le moral ! La 2ème boucle se passe bien, je suis toujours à la même vitesse, sans trop forcer mais sans possibilité d’accélérer non plus. Je dépasse toujours bon nombre de coureurs dont certains commencent à marcher, ça va être long pour eux et j’espère ne pas être obligé de faire pareil avant la fin…

Agent Smith ???

Agent Smith ???

Le 2ème passage dans l’aire d’arrivée marque le milieu de ma course, toujours un peu moins vite que prévu mais tant que je ne ralentis pas trop c’est déjà ça ! Sur le 3ème tour je continue à prendre un gel à chaque ravito et à bien boire pour ne pas me prendre le mur du 30ème kilomètre, il fait toujours aussi chaud et les rares fois où je ne me fais pas arroser par les bénévoles, je le regrette après quelques centaines de mètres tellement on cuit !

De l’ombre au soleil !
De l’ombre au soleil !

De l’ombre au soleil !

De plus en plus d’athlètes marchent, les secours viennent même chercher un coureur allongé au bord de la promenade… En repassant vers l’arrivée je fais un bisou à ma chérie et lui dit de ne pas s’inquiéter car que je vais probablement mettre plus longtemps pour le dernier tour. Je décide de ralentir légèrement pour être certain de ne pas être obligé de marcher, ce qui ferait perdre énormément de temps par rapport à la course. Les kilomètres défilent, lentement mais sûrement : 33, 34, 35km… A partir de ce moment je sais qu’il ne peut plus rien m’arriver et que l’arrivée se rapproche, le plus dur est derrière moi maintenant ! J’essaye de me relâcher sur la dernière longue ligne droite au bord de l’Allier, en face du Centre Omnisports où la sono est toujours à fond. Je ne prends rien au dernier ravitaillement avant de traverser le Pont de l’Europe, je descends vers le parking en traversant la pelouse, plus que quelques centaines de mètres et ce sera fait ! Le 4ème chouchou au poignet, j’allonge les foulées le plus possible, les spectateurs m’encouragent pour ce dernier effort avant d’entrée une dernière fois dans l’aire d’arrivée ! Comme l’an dernier, cela me donne des ailes et je sprinte jusqu’à la finish line sous les acclamations du speaker : « Sébastien, You are an IRONMAN !!! »

Photo Finish !
Photo Finish !

Photo Finish !

Yeah ! Voilà c’est (enfin) fini, un bénévole me passe la médaille autour du coup, je suis un peu chancelant, je me retourne pour tenter d’apercevoir Hélène et enfants dans la foule mais je dois pas être très lucide ! Je passe dans la tente d’arrivée, je pause pour la photo officielle et récupère mon t-shirt finisher avec les félicitations des bénévoles et je me dirige vers la sortie du parc athlètes en espérant que ma famille m’y attende. Effectivement, ils sont là ! Gros bisous à ma chérie, les enfants sont fiers de papa, Hélène m’annonce que je mets 11h07 donc comme je suis parti 18minutes après les pro je pense que j’ai réussi à passer sous la barre des 11h mais en regardant le détail des temps sur son smartphone quelle déception quand je réalise que c’est bien mon temps total… Tant pis, on ne peut pas gagner à chaque fois, mais là ça fait un juste peu plus mal quand c’est la course de l’année ! On discute un moment pendant que je reprends mes esprits, eux doivent repartir pour Bourg tandis que je reste 1 jour de plus à Vichy. On se dit au revoir et je retourne à la tente pour me faire masser les jambes 10minutes, puis je vais dans le palais du lac pour le buffet de fin de course.

Finisher

Finisher

Cette année je ne vois personne que je connais donc je bois ma bière de finisher tout seul en grignotant ! Je ne suis pas pressé donc je me repose un peu en descendant des bouteilles d’eau gazeuse, puis j’envoie un message à Catherine pour lui dire que j’arriverai après manger. C’est une amie de mon grand frère Mukasa qui a accepté de m’héberger pour la nuit afin que je reste jusqu’au lundi pour la remise des prix et des slots pour Hawaii. Elle me rappelle pour me dire que je mangerai à la maison et que ses fils m’y attendent, donc je vais chercher mon vélo au parc où je croise Natasha Badman, sextuple championne du Monde d’Ironman ! Elle est super sympa et je la prends en photo avec son Cheetah, on discute 5minutes tous les deux en allant récupérer nos sacs de transition : merci à elle pour sa gentillesse et ses félicitations pour ma course !

Natasha
Natasha

Natasha

Je retourne à la voiture où je prends le temps de bien ranger toutes mes affaires puis je pars chez mes hôtes. Accueil génial et plein de gentillesse, je ne remercierai jamais assez Christine et ses 2 fils Didier et Crispin, ainsi que Fabiola et sa maman, qui ont été aux petits soins pour moi ! Le lendemain matin après un lever tardif et un bon petit déjeuner, c’est déjà le moment de les quitter, et je retourne au palais du lac pour le repas et la cérémonie officielle de remise des trophées à tous les podiums des Pro et de tous les groupes d’âges, puis la distribution des slots pour Kona représentés par une médaille et un collier de fleurs. Finalement ça ne dure pas très longtemps, et il est à peine 14h quand je quitte Vichy pour rentrer à la maison…

Le podium

Le podium

Voilà, un bien long compte-rendu (comme d’hab’), une superbe expérience même si je trouve le bilan mitigé, mon objectif de courir un Ironman avant mes 40ans est rempli, pas dans le temps espéré mais c’est la course ! Maintenant place au repos bien mérité, je n’ai pas d’autres épreuves au programme pour la fin d’année donc on verra si la forme revient et que les collègues me motivent pour 2~3 autres courses de fin de saison : I AM an IRONMAN !!!

Mon Ironman de Vichy .... par Herman

Natation 3,8km 1h23m27s (1024ème)

Transition 1 : 4m02s

Vélo 180km 5h58m20s (649ème)

Transition 2 : 2m40s

Course à pied 42km 3h39m18s (120ème) Total 11h07m47s

Classement final 287ème/1626inscrits/1490partants/1182classés 63ème catégorie Hommes 35-39ans

Mon Ironman de Vichy .... par Herman

Publié dans Compte rendus courses

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Poolio 10/09/2015 12:12

encore bravo Seb pour ta course, compte tenu des crevaisons!!! la prochaine fois tu vas tout pêter :-)

sebsoupe 10/09/2015 13:02

Merci Michele! Pour le chrono, avec un peu moins de vent, beaucoup moins chaud et pas de crevaison, je fais sub10 !!! ah ah ah :D dommage que c'était un one shot...